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RDC: Restrictions de l’espace démocratique : 82 violations des droits humains enregistrées en octobre

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RDC: Restrictions de l’espace démocratique : 82 violations des droits humains enregistrées en octobre

C’était  hier mercredi, au cours de la conférence hebdomadaire de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) en République Démocratique du Congo a recensé 82 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées aux restrictions de l’espace démocratique sur l’ensemble du territoire national pour le mois d’octobre 2016.

 « Il s’agit du troisième mois au cours duquel le BCNUDH a documenté le plus grand nombre de violations de ce type depuis le début de l’année 2016, après les mois de mai et de septembre.

Ceci porte à 1.006 le nombre total de violations des droits de l’homme en lien avec les restrictions de l’espace démocratique documentées depuis le 1er janvier 2015, dont 746 violations pour 2016 (soit près du triple du nombre total de ce type de violations documentées sur toute l’année 2015) »,  pouvons-nous lire sur cette note du BCNUDH.

Les agents de la Police Nationale Congolaise (PNC) sont, à l’instar des mois précédents, principalement les auteurs présumés de ces violations avec 40 violations, suivis des agents de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) avec 18 violations.

Ainsi, les victimes ont été enregistrées parmi les membres de partis politiques (79 victimes), d’organisations de la société civile (45 victimes) et des professionnels des médias (2 victimes).

D’une manière globale, 434 violations des droits de l’homme ont été commises sur le territoire de la RDC durant le mois d’octobre. Selon le BCNUDH, ce chiffre représente une baisse importante par rapport au mois de septembre 2016 au cours duquel 506 violations avaient été enregistrées.

Dans l’ensemble, des agents de l’Etat (PNC, FARDC, ANR et autres autorités administratives ou judiciaires) est responsable de plus de 62% des violations des droits de l’homme documentées pendant le mois d’octobre 2016, dont 29 victimes d’exécutions extrajudiciaires.

En outre, les groupes armés, toutes tendances confondues, ont été coupables de plus de 38% du nombre total de violations documentées sur l’ensemble du pays (dont 39 victimes d’exécutions sommaires).

Parmi les agents de l’Etat, les principaux auteurs des violations des droits de l’homme documentées au mois d’octobre 2016 par le BCNUD sont, contrairement au mois précédent, les soldats des FARDC qui sont responsables de 121 violations des droits de l’homme.

Cela représente 28% du nombre total de violations des droits de l’homme enregistrées pour le mois en revue et une légère baisse par rapport au mois de septembre 2016 (127 violations). Parmi les groupes armés, et à l’instar des mois précédents, les combattants des FRPI sont les principaux auteurs, responsables de presque 40% du nombre total de violations des droits de l’homme commises par tous les groupes armés le mois d’octobre 2016, renseigne le BCNUDH.

Publication des deux rapports

La MONUSCO et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ont conjointement publié deux rapports le 21 octobre portant respectivement sur les violations des droits de l’homme commises à Kinshasa dans le cadre des manifestations organisées par les partis d’opposition les 19,20 et 21 septembre 2016, et sur les avancées et les défis de la lutte contre l’impunité des auteurs de graves violations et atteintes aux droits de l’homme en RDC.

Le premier rapport déplore notamment l’usage disproportionné et excessif de la force, y compris l’utilisation de balles réelles, par les forces de sécurité dans le cadre de la gestion de la foule lors des manifestations de septembre.

Tandis que le second rapport, couvrant la période du 1er janvier 2014 au 31 mars 2016, note avec appréciation les progrès réalisés par les autorités congolaises pour le renforcement du cadre législatif en matière de lutte contre l’impunité et en matière de poursuites en justice des auteurs présumés de violences sexuelles.

Il regrette cependant le manque de progrès dans la mise en œuvre des réformes existant et encourage le gouvernement à redoubler d’efforts pour assurer que les auteurs de violations des droits de l’homme, soient punis conformément à la loi et quel que soit leur rang.

Enfin, concernant le chef de guerre Gédéon Kyungu, le BCNUDH a manifesté également son inquiétude du fait qu’aucune avancée n’a été enregistrée quant à son incarcération, l’exécution de la peine déjà prononcée à son encontre ainsi que l’ouverture de nouvelles poursuites pour les crimes commis depuis son évasion de prison en 2011, conformément à la loi et à la lutte contre l’impunité.

Par TSM



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