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RDC: L'archevêque de Kinshasa soutient les jeunes anti-Kabila

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RDC: L'archevêque de Kinshasa soutient les jeunes anti-Kabila

"Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force."

L'archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, a apporté samedi son soutien aux jeunes Congolais engagés dans les mouvements de revendication citoyenne et politique qui s'opposent au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au delà la fin de son mandat constitutionnel ayant expiré lundi dernier et condamné la violence politique.

"Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il est plus beau d'être artisan de la violence. Il n'y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens. Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu'on ne puisse le quitter que par les armes. Il est révolu le temps où l'on prenait le pouvoir par les armes, il est révolu le temps où l'on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple", a-t-il affirmé lors de son homélie prononcée à Kinshasa à l'occasion de la Noël. 

"Ces jeunes ne réclament que leurs droits de vivre un peu plus dignement. Prenons garde, mes frères et sœurs, car quiconque tue par l'épée, périra par l'épée", a ajouté le cardinal Monsengwo.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui rassemble les évêques de l'influente Eglise catholique de République démocratique du Congo (RDC), espère que sa médiation aboutira à la conclusion d'un accord politique engageant le pouvoir et l'opposition sur l'organisation fin 2017 de l'élection présidentielle prévue cette année et reportée sine die.

La conclusion de cet accord pourrait intervenir le vendredi 30 décembre.

Avec 7sur7.be

HOMÉLIE DU CARDINAL MONSENGWO DE NOËL 2016, «QUI TUE PAR L'ÉPÉE...»

Cette nuit, partout dans le monde chrétien, on crie : « Il est né le divin Enfant… Chantons tous son avènement ». Comme le dit Saint Paul : « Lorsque vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils » (Gal 4, 4). Il vient à la plénitude du temps, c’est-à-dire au temps fixé par Dieu dès l’origine pour l’accomplissement de ses promesses.
Le temps qui, dans le projet et le plan de salut de Dieu, a été voulu pour que son Verbe, par qui tout a été créé (Jn 1, 3), s’incarne et se fasse présence visible de Dieu parmi les hommes (Jn 1, 14). Ce temps des origines a précédé le péché de l’homme et sa création. Mais aussitôt que l’homme a péché, Dieu annonce le salut : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Celui-ci t’écrasera la tête tandis que tu tenteras de l’atteindre au talon » (Gn 3, 15).
Cette plénitude du temps, c’est le temps de l’accomplissement des promesses, le temps d’une longue histoire d’amour entre Dieu et les hommes, faite des hauts et des bas, temps où l’homme pécheur a fait l’expérience incessante de la miséricorde de Dieu à son endroit. Autrement dit, l’histoire de la pédagogie divine pour apprendre à l’homme à s’émanciper du péché par la loi (de Moïse) pour finalement vivre de l’Esprit Saint.
Et le Verbe de Dieu, comment vient-il sauver et racheter l’humanité ? Pas en grande pompe, dans la gloire et la grandeur extérieures, mais dans la simplicité et l’humilité d’un enfant; un enfant né dans une étable, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans le caravansérail. Le Fils de Dieu n’a pas où loger sur terre. A qui annonce-t-il en premier sa naissance ? A des bergers, des gens pauvres, des petits, des humbles et des simples. Tels sont donc les premiers interlocuteurs du Ciel.
« Soyez sans crainte » dit l’Ange, je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple : « Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ-Seigneur» (Lc 2, 10-11). Ensuite se joignit à l’Ange l’armée céleste en masse qui chante les louanges de Dieu en disant « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Tels sont les vœux et souhaits du Ciel à la naissance du Christ : Gloire à Dieu, et paix aux hommes. Il est normal que la naissance du Messie apporte à l’humanité l’abondance des biens messianiques.
Chers frères et sœurs,

Pendant que Dieu nous envoie son Fils, pour être l’un des nôtres, pour nous apprendre comment vivre en hommes raisonnables, justes et religieux (Tt 2, 12), d’aucuns mijotent nuit et jour, mort et tueries ; les armes crépitent.
Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il est plus beau d’être artisan de paix qu’artisan de la violence. Il n’y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens. Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes – « Qui tue par l’épée, périra par l’épée », dit Jésus (Mt 26, 52).
Bien-aimés dans le Seigneur,

La paix de Noël est pour tous sans exception, parce qu’elle est destinée à tous ceux que Dieu aime. C’est la paix des cœurs, et la paix des esprits ; la paix qui signifie intégrité corporelle, mais qui dit surtout une âme intègre, en communion avec Dieu et en quête de Dieu et des biens éternels. C’est à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’appel du Pape François, lorsqu’il exhorte tous les congolais à être des artisans de réconciliation et de paix et que tous ceux qui ont des responsabilités politiques écoutent la voix de leur propre conscience , sachant voir les souffrances cruelles de leurs compatriotes et aient à cœur le bien commun (Audience générale , mercredi 21 décembre 2016).
La paix de Noël exclut les assassinats, les tueries, la violence. Elle implique la justice, l’amour, la vérité, sans lesquels on s’expose à des mécontentements, des frustrations, des troubles sinon à des émeutes ; contraires à l’harmonie sociale, indispensable à la réconciliation : celui qui respecte la constitution n’a rien à craindre de la justice. Celui dont les droits sont bafoués se sent protégé par la même constitution.
Que l’Emmanuel, notre Paix, fasse de nous des artisans de paix. Puisse la Vierge Marie, Notre Dame du Congo et Mère du Rédempteur, intercéder pour la paix dans notre pays. C’est avec ces vœux que je bénis affectueusement chacun et chacune de vous et vous souhaite un joyeux Noël et une heureuse année nouvelle.

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa

Kinshasa, 25 décembre 2016



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Commentaires

Mbula Matondi Pacôme Ср 28 декабря 2016 11:16

C'est une interpellation que l'archeveque a adressé au pouvoir en place non légitime de ne pas continuer à bloquer les manifestions de la jeunesse quand elle réclame son droit. Ça prouve à suffisance que la crise que nous vivons était bien planifiée par la majorité présidentielle.