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L’honneur perdu de Cynthia McKinney

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L’honneur perdu de Cynthia McKinney

une mise point datée du vendredi 2 décembre, l’ex-congressiste dément avoir touché le moindre centime du gouvernement de Kinshasa. "Quelqu’un cherche à me salir", dit-elle.

Dans une correspondance, sans date, adressée au ministre des Finances, avec copie au Président de la République, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende Omalanga, demande à son collègue de régler la facture présentée par Dr Cynthia McKinney, ex-sénatrice démocrate dans le cadre d’une action de lobbying en faveur du régime de "Joseph Kabila". Montant global : 448.000 USD. Dans une mise point datée du vendredi 2 décembre, l’ex-congressiste dément avoir touché le moindre centime du gouvernement de Kinshasa. "Quelqu’un cherche à me salir", dit-elle.

Dans sa lettre qui circule sur les réseaux sociaux, le ministre Lambert Mende se réfère, en liminaire, à une mission qu’il a effectuée à Paris au mois d’octobre dernier sur instruction de la "Haute Hiérarchie" [Entendez : "Joseph Kabila"]. Il a au cours de ce déplacement lancer une "action de lobbying" avec un expert américain. But: contrer le "sabotage" mené "contre l’Etat congolais".

Mende écrit noir sur blanc qu’un "accord de partenariat" a été signé avec Dr Cynthia McKinney. Celle-ci devrait mener des actions de lobbying auprès des gouvernements américains et britanniques. Combien ça coûte? "En exécution de ses obligations, le gouvernement (...) devra payer au Dr Cynthia McKinney un montant global de l’ordre de 448.000 USD", note le ministre de la Communication. Et de préciser qu’une avance d’un import de 368.000 USD devrait être versé au compte de l’intéressée au mois de novembre. Le solde, soit 80.000 USD, est à payer en janvier 2017.

S’agissant des cordonnées bancaires, Mende écrit : Dr Cynthia McKinney, Studio Legale Gliozzi, Bank of Intensa San Paolo. IBAN : IT53PO306901024100000062616. BIC : BCITIT MM. "Tenant compte du fait que ce partenaire a déjà entrepris l’exécution de ses obligations, je vous saurai gré de bien vouloir accorder à la présente le bénéfice de l’urgence", conclut-il. 

Contrer Moïse Katumbi

Contacté, vendredi 2 décembre, par l’AFP au sujet de sa missive précitée, le ministre de la Communication et des médias n’a nullement contesté l’authenticité de ce document. Bien au contraire. Il a reconnu que le gouvernement congolais a conclu un contrat avec l’ex-sénatrice démocrate Cynthia McKinney. L’objet dudit contrat est sans équivoque : "améliorer l’image de marque du pays".

A en croire Lambert Mende qui confond apparemment l’Etat congolais et l’individu "Joseph Kabila", l’image du pays serait "écornée et malmenée" par l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe et l’Administration Obama. "Katumbi paie des millions pour salir l’image du pays aux USA", soutient-il. C’est ainsi que le gouvernement a négocié avec l’ex-sénatrice "un prix du tiers-monde" afin de " renverser cette tendance". Peut-on franchement qualifier la somme de 448.000 USD à payer à cette lobbyiste de "prix du tiers-monde"? 

Selon Mende, le gouvernement congolais "a payé" Cynthia McKinney "en toute transparence". Qu’en dit l’intéressée?

Dans une mise point postée sur son site ce vendredi 2 décembre, l’ex-sénatrice démocrate se dit "victime d’un traquenard". Elle reconnait avoir été contactée par "des Congolais" non-autrement identifiés qui lui auraient demandé de "rendre publique des informations majeures sur la RDC". Elle a donné son "accord de principe pour cette action".

Qui fabule? Qui dit la vérité?

McKinney dit avoir été "surprise d’apprendre, dans un document diffusé sur internet et visant manifestement à nuire à ma réputation, que j’étais prête à faire du lobbying en faveur du gouvernement congolais alors que je n’ai jamais eu d’atomes crochus avec le régime de Kinshasa". "(...), je ne peux pas tolérer que mon nom soit associé à des basses manoeuvres politiciennes qui visent à défendre le régime de Kinshasa ou à spolier le peuple congolais qui souffre depuis plus de soixante ans de violence et d’injustice". 

La main sur le coeur, l’ex-congressiste "rassure tous les Congolais" sur le fait qu’elle n’a touché le moindre "centime du gouvernement de Kinshasa (...)" et menace de soumettre cette affaire à son avocat "pour savoir quelle suite lui donner". Qui fabule? Qui dit la vérité? 

Une chose paraît sûre: Cynthia McKinney - qui a préfacé l’ouvrage de Charles Onana "Ces tueurs Tutsis, au coeur de la tragédie congolaise", publiée en 2009 aux éditions Duboiris - perd quelque peu son honneur aux yeux de tous ces Congolais qui admiraient son "combat" contre les velléités expansionnistes du satrape rwandais Paul Kagame. Selon des sources, c’est elle qui avait mis LD Kabila, alors "simple" président de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre), en contact avec l’homme d’affaires Raymond Boulle de la firme AMF (American Mineral Fields). C’était en janvier 1997. 

Cynthia McKinney pouvait-elle ignorer que l’actuel chef de l’Etat congolais a foulé, pour la première fois, le sol de ce pays, qui s’appelait encore le Zaïre, dans les bagages de James Kabarebe, l’actuel ministre rwandais de la Défense, dont il était l’aide de camp?

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2016



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