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Situation sécuritaire toujours alarmante à l’Est de la RDC ; Beni : encore des morts

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Situation sécuritaire toujours alarmante à l’Est de la RDC ; Beni : encore des morts

Parmi les 10 victimes des affrontements entre Fardc et rebelles Adf, indique-t-on, il y a 8 civils tués par balles et à la machette, un militaire et une présumée milicienne Adf

 

La République démocratique du Congo ne cesse de compter des morts dans sa partie-Est, depuis près de 20 ans. Alors qu’une petite accalmie était observée dans ce coin du pays, la ville de Beni a été, une fois de plus, visée dans la nuit de dimanche 9 à lundi 10 octobre 2016 par une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (Adf), causant plus de 10 morts.

Gilbert Kambale, président de la Société civile de Beni, province du Nord-Kivu, cité par l’AFP, confirme que « des présumés Adf ont attaqué Beni dans la nuit par le nord à partir du quartier Boikene. 8 civils ont trouvé la mort par balles, un militaire a été tué et une présumée milicienne ADF a aussi été tuée ». De son côté, Omar Kavota, chef d’une Ong locale de défense des droits de l’Homme, avance pour sa part le même bilan de 10 morts, mais parmi lesquels 7 civils dont 3 femmes (5 tués par balles, deux à la machette), un assaillant et un officier supérieur.

Contacté par certaines sources, le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo, n’a pas voulu donner de bilan de l’attaque. Il s’est limité à dire que « les Forces armées de la RDC ont intercepté des Adf et, dans les échanges de tirs, des civils et des militaires ont été tués ».

Environ 700 morts en deux ans

Depuis octobre 2014, environ 700 personnes ont été tuées dans une série de massacres ou d’attaques dans la région de Beni. La dernière tuerie d’envergure, rappelle-t-on, a coûté la vie à plus de 50 civils, vers mi-août.

Selon des témoins, le quartier attaqué s’est vidé de ses habitants qui ont trouvé refuge au centre de la ville de Beni, importante place commerciale et fief de la communauté Nande à 350 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Vendredi 7 octobre, l’organisation de défense des droits de l’Homme américaine Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé l’incapacité de Kinshasa et de la Mision de l’ONU au Congo (Monusco) à endiguer la violence dans la région de Beni, les exhortant à définir «une nouvelle stratégie pour protéger les civils» dans cette zone.

Lassée de la passivité des FARDC et des Casques bleus, la population de Beni et de ses environs a organisé des journées villes mortes à répétition depuis deux ans pour dénoncer la violence et exiger du gouvernement qu’il assure la sécurité de ses concitoyens, mais les attaques se poursuivent.

Pour la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et le gouvernement congolais, les auteurs de ces tueries de Beni, commises essentiellement à l’arme blanche, sont des combattants ADF.

Cette version est remise en cause par des chercheurs à New York et un groupe d’experts onusiens pour qui les ADF partagent cette responsabilité avec d’autres groupes armés et certains éléments des FARDC, avec la complicité de certains chefs militaires locaux.

A l’approche de la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila le 20 décembre, HRW craint que la situation de Beni ne soit plus la priorité du gouvernement de la RDC avec le risque qu’elle prenne « des proportions incontrôlables ».

HRW fait valoir que l’attention des autorités congolaises risque d’être tournée vers la gestion de la crise politique née du report de la présidentielle après le terme du mandat de Joseph Kabila à qui la Constitution interdit de se représenter à la prochaine course à la magistrature suprême.

Balkanisation de la RDC : le plan B en marche !

Après avoir échoué sur le plan militaire de morceler la République démocratique du Congo dans sa partie-Est, l’ennemi vient de mettre visiblement le plan B en marche pour arriver à la même finalité.

Il s’agit d’instaurer la peur dans le chef de la population pour qu’elle déserte les villages et autres villes, de manière à laisser libre accès à l’envahisseur de s’installer. Apparemment, ce plan est en train de réussir.

Kinshasa qui concentre, ces derniers temps, le gros de l’effectif militaire et policier dans la capitale pour des raisons politiques, devra revoir ses calculs, s’il tient à garder la ville de Beni. Celle-ci a plus besoin de ces éléments que la ville d’André Kimbuta où la population ne fait que manifester pacifiquement, malgré la répression brutale des hommes en uniforme.

Par LM/La Tempête



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