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Rwanda: des nouveaux marchés à Kigali pour lutter contre les vendeurs à la sauvette

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Rwanda: des nouveaux marchés à Kigali pour lutter contre les vendeurs à la sauvette

Depuis plusieurs années, les autorités rwandaises luttent contre les vendeurs à la sauvette de la capitale rwandaise.

Une activité illégale au Rwanda qui selon la municipalité et la police pose un problème d'ordre public et de sécurité. Le traitement réservé à ces vendeurs ambulants avait cependant été dénoncé par Human Rights Watch. Dans plusieurs rapports, l'organisation de défense des droits de l'homme avait accusé les autorités de détenir de manière illégale ces vendeurs de rues dans un centre de transit, qualifié par HRW de prison non officielle. Depuis, la municipalité a mis sur pied 12 marchés afin de tenter de sédentariser les vendeurs à la sauvette et leur permettre de travailler légalement.

À Nyabugogo, sous un auvent de tôle, à deux pas de la gare routière dans laquelle elles avaient l'habitude de vendre à la sauvette des fruits et légumes des anciennes vendeuses de rues sont alignées derrière des étals de brique. Parmi elles, Chantal Uzamukunda 32 ans, qui, depuis l'inauguration du marché, travaille pour la première fois de sa vie en toute légalité : « On est mieux à vendre ici que dans la rue sous le soleil. En plus, c'était dangereux, les autorités nous pourchassaient et nous envoyaient au centre de transit de Gikondo ».

Uwiringiye, un fonctionnaire est venu par curiosité : « Ces commerçants créaient du désordre dans la rue. Mais maintenant, les accidents ont diminué. J'apprécie cette initiative ». Pendant un an, ces commerçants, organisés en coopératives ne paient pas de loyer et sont exemptés de taxes. Lors de l'inauguration du marché, la maire de Kigali l'a martelé : ces vendeurs n'ont plus d'excuses pour retourner dans la rue.

Un enthousiasme que certains vendeurs ne partagent pas totalement. En effet, beaucoup, comme Espérance, assurent avoir perdu une bonne partie de leur clientèle, peu habituée à se rendre sur les marchés : « C'est bien d'être ici, mais on ne gagne vraiment pas d'argent. Les clients sont rares. Mes fruits et légumes sont en train de pourrir ».

Tous espèrent que les ventes décollent rapidement. Dans le cas contraire, beaucoup pointent le risque que les vendeurs soient tentés de retourner dans la rue.

Avec RFI



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